Diversifier, régénérer, protéger : les piliers de l’agroécologie à Cumières
Le retour des « compagnons de la vigne » : les couverts végétaux et les haies
Difficile d’imaginer aujourd’hui les vignes de Cumières sans leur tapis de fleurs sauvages et de graminées : semer des couverts végétaux entre les rangs n’est plus une originalité, mais une évidence. Lupins, trèfles, vesces ou féveroles sont semés en hiver ou au printemps. Résultat ? Moins de ravinement du sol, une vie microbienne régénérée, des pollinisateurs aux anges – on recense, en 2022, près de 30 espèces différentes d’insectes auxiliaires sur les parcelles menées en agroécologie, contre à peine 10 sur les vignes en monoculture nue (Observatoire Agricole de la Biodiversité).
Les haies, arrachées dans les années 60-70, reviennent désormais ourler les parcelles. Laurier, aubépine, prunellier, noisetier : ces « clôtures vivantes » forment corridors écologiques et refuges pour les oiseaux, lézards, petits mammifères. Le Plan national de replantation de haies, piloté par l’INRAE depuis 2020, a inspiré plusieurs exploitations, qui réinstallent jusqu’à 300 mètres de haies par an sur Cumières. Une haie adulte abrite en moyenne 600 à 1000 individus de faune (vers, coléoptères, mésanges), contre moins de 100 pour un talus nu (INRAE, 2023).
L’enherbement maîtrisé : de l’alchimie sous les pieds
Nulle recette miracle, chaque vigneronne ajuste la couverture du sol à sa philosophie. Un enherbement permanent (graminées, légumineuses) sur la moitié des parcelles ; un enherbement temporaire sur les autres, fauché avant la montée en graine. Ce tapis vert réduit l’usage d’herbicides à presque zéro. Côté chiffres : Sur l’ensemble de Cumières, usage d’herbicides inférieur de 70% à la moyenne champenoise en 2023 (Comité Champagne).