Rencontre avec trois vigneronnes engagées
Impossible d’évoquer la biodiversité sans mettre un visage sur l’engagement. Trois vigneronnes emblématiques incarnent ce vent de renouveau dans la région.
Carole Arbois (Domaine Arbois & Filles) : la vigne comme écosystème
Carole a fait le choix du bio dès 2017. Chez elle, chaque inter-rang se transforme en prairie sauvage : bleuets, coquelicots, vesces et trèfles tapissent le sol au printemps. Cette couverture végétale limite l’érosion et attire la vie : coccinelles, abeilles sauvages, hérissons… En cinq ans, elle a recensé 32 espèces d’oiseaux sur ses 8 hectares, dont la huppe fasciée et le rossignol philomèle – rares en Champagne (source : AVES France).
Sandra Prieur (Champagne Prieur-Loir) : la haie, barrière vivante et amie du vigneron
Sandra a initié, en partenariat avec l’association Haies vives de l’Aube, la plantation de 800 mètres de haies champêtres autour de ses parcelles. Aubépine, fusain, cornouiller, noisetier… Autant de refuges pour les auxiliaires naturels, comme les mésanges ou les coccinelles, qui l’aident à limiter peupliers et ravageurs. Depuis ces plantations, Sandra observe une diminution de 30 % de l’usage d’insecticides (source : Haie-champetre.fr).
Alexia Virot (Le Clos des Dames) : la biodiversité jusque dans la cave
Pour Alexia, la biodiversité ne s’arrête pas à la vigne. Elle mise sur les levures indigènes présentes naturellement sur la peau du raisin pour lancer ses fermentations. Ceci permet d’exprimer pleinement le goût du terroir, tout en évitant les ajouts industriels souvent plus polluants en amont (source : La Revue du Vin de France).